Désirs et désordres !

 

                                                                                                           
                                                                                                      Nouvelles ...         

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
ACDJPSTU
Pire, même

Bon, d'accord, c’est pas toujours facile. Des moments de découragement, on en a tous.
Moi, ces moments-là je les bénis, parce qu'ils me servent à avoir après encore plus d'énergie.
Je cherche: la petite étincelle. Et c’est pas toi qui me contrediras. Quoique t'en penses, c'est ce que tu cherches aussi. Et si tu t'emmerdes dans ta vie, si ce que je te dis ça te fait doucement marrer, c'est parce que tu la trouves pas. T'inquiètes pas, y a pire que toi:
Y 'a ceux qui y ont renoncé pour toujours. Fais pas semblant de pas comprendre ce que je te dis, tu m'énerves.
Ceux qui ont l'oeil éteint, ceux qui connaissent par coeur le programme de télé et qui se révoltent parce qu'il y a rien d'intéressant, et c'est pour ça qu'on paie la redevance !!
La boulangère qui te dis jamais bonjour, celui qui a le regard vide et que le rire des enfants agace, tu comprends là ? L'étincelle, ça y est, tu vois de quoi je te parle ?
Ne me dis pas que tu es pareil, je te crois pas. Si c'était vrai, au lieu de bouquiner, là, tu regarderais DERRICK.
Alors tu vois. Evidemment que ça m'arrive, à moi aussi. Pas de regarder DERRICK...Non, d'être lasse, de plus entendre le chant des oiseaux. Pas plus tard qu'hier, j’ai soufflé, affalée sur mon canapé, quand j'ai compris qu'il fallait que je redescende faire des courses. J'avais fait mes huit heures et putain, y a des journées qui n'en finissent jamais. J'ai remis ses chaussures à ma fille, j'ai attrapé mon sac et je suis redescendue. Sur le chemin j'ai tapoté sur le clavier de mon portable pour demander à mon mari si une salade niçoise ça le tentait.
Comme dirait BENABAR, dire "je t'aime " tout le monde sait le faire, dire "bonne nuit" là faut vraiment y croire. Bref.
Pendant que je choisissais mes mots, j'ai quand même levé les yeux histoire d'éviter quelque malencontreuse rencontre avec un poteau, et là j'ai vu. Un clochard, allongé devant le supermarché, en plein soleil.
Tu vas pas comprendre si je te dis pas qu'on était en pleine canicule et que le thermomètre flirtait avec les 40°C.
J'ai rangé mon portable dans mon sac, ce soir ce sera salade niçoise, et je me suis penchée sur ce type.
-Maman, faut pas réveiller le monsieur,Y DORT !!
-Mais si faut le réveiller ma chérie, il va être malade s’il reste en plein soleil.
-AH OUI, faut le réveiller alors !!
T'aurais fait quoi, toi ?
"Monsieur...monsieur...monsieur !!!"  Je le secouais dans tous les sens mais y'avait rien à faire.
"Monsieur...monsieur ! faut pas rester là monsieur, allez au moins à l'ombre ...eh monsieur...!
-maman...maman qu'est-ce qu'il a le monsieur?
Y avait qu'à entendre le ton qu'elle avait pris pour me dire ça pour comprendre qu'elle paniquait, du haut de ses quatre ans.
Je me suis relevée pour appeler les pompiers. Un type me regardait avec des yeux de poisson mort, depuis combien de temps il mate comme ça sans bouger, lui ??
J'ai voulu lui demander s'il se croyait dans un film mais je me suis retenue.
-Ca fait combien de temps qu'il est là ?
-Oh ben j'en sais rien moi...! Pfft...il est parti, on aurait dit qu'il avait vu un fantôme.
Mon portable ne captait pas, et les gens cavalaient pour faire leurs courses avant que le magasin ferme.
Bon. Je vais lui acheter une bouteille d'eau je me suis dit.
Couché, au soleil, en pleine canicule, devant INTERMARCHE, à l'heure où les vieillards mouraient de la chaleur.
Comme un chien. Pire, même. Tu me suis ? Quand je suis ressortie il était toujours là. Y avait un autre type qui essayait de le réveiller, allez mon gars, ouvre les yeux et il le secouait. C'était un autre Sdf.
Les pompiers sont arrivés cinq minutes après mon appel. Je les ai vus, de loin, courir vers leur camion quand ils ont compris que ce mec- là n'était pas seulement trop bourré pour se relever.
Et là, enfin, des gens se sont arrêtés. Y avait un attroupement pas possible...
Je suis partie, en expliquant deux trois trucs à ma fille, en espérant qu'elle ne se retrouverait ni du côté de ceux qui passent les yeux fermés, ni du côté du meilleur ami de l'homme.
Alors je te le redemande gentiment: t'aurais fait quoi, toi ? hmm ?
Moi j’ai maudit les gens. Les gens...Ceux que je connais pas, les visages inconnus qu'on voit déambuler du matin au soir, ceux qu'on croise sans les regarder, ces êtres humains, les gens, quoi...
T'aurais fait quoi, toi ? C'est la question que j'ai posé le lendemain à mes collègues de bureau, en leur livrant la scène comme si je l'avais vu dans un film, ou comme les questions des tests psychologiques dans les magazines féminins. Parce que pour moi, bien- sûr, les gens c'était les autres, pas ceux que je côtoyais tous les jours. Bon, je te livre les réponses en vrac. Eddy (toi tu me remercieras d’avoir changé ton prénom)
Vingt-cinq ans, esprit gothique, mal dans sa peau, a un sursis qui lui pend au nez pour usage de stupéfiants.
Se tient à carreau en ne fumant plus que de l'herbe, discrétos. Eddy que j aime bien.
-J'en sais rien moi. Je trace...
Apres réflexion:
-J'aurais trop peur de le réveiller et de me prendre son poing dans la gueule. Pourquoi tu me demandes ça ?
-Non non, pour rien, comme ça, c'est tout...
-Tu sais dans ma rue y'en a cinq ou six, tous les jours hein ! Alors si je devais appeler les pompiers à chaque fois...
-Tu flamberais ton forfait en trois jours ?
-Non, c’est pas ça, mais bon, merde, c'est pas mon problème hein ! Personne leur a demande de se mettre dans cette situation, z'ont qu'à pas picoler non plus !!
-Tu sais Eddy, un jour je me suis retrouvée vraiment dans la merde, y a quelques années de ça, une sale période. Je m'en serais pas sortie si y avait pas eu des gens sur mon chemin pour me tendre la main.
Ca s'est sûrement pas passé comme ça pour toi. Tu sais, ça se rallume, une étincelle...
Pas satisfaite de la réponse, je croise Elodie, deux secondes Elodie, j'ai un truc à te demander.
-Ben...je lui donne la pièce, quand même. Mais bon...si c'est pour aller picoler après, c'est vrai que...
Je te rappelle quand même qu'il est couché avec 40° dehors, en plein cagnar. Mais bon.
Pourtant, elle est sympa Elodie, merde, là je suis étonnée. Toujours la première à t'aider si tu rames sur un dossier, tu vois?...Alors...?
Quand je me rassois, Eddy se tourne vers moi:
-Moi je crois que les gens qui s'occupent comme ça des autres, c'est qu'ils ont pas le courage de résoudre leurs propres problèmes.
Toi, même pas je te réponds...
Une demi-heure après, Elodie vient me voir pour me dire que non, euh...en fait elle appelle les pompiers.
Je lui réponds c'est trop tard Elodie, il est mort, entre temps, le mec. Oh et puis merde, aujourd'hui j'ai décidé d'être chiante, le matin j'avais eu peur de retrouver mon clochard dans les faits divers alors en sortant du boulot j'avise un type dans la rue, au pif. J'appelle les pompiers, il me répond.
Je le regarde un sourire débile aux lèvres et il ajoute: mais bon, je travaille au secours populaire ...
Quand je suis rentrée, j’ai raconté tout ça à mon mari avec tous les détails -les hommes adorent ça - il m'a prise dans ses bras en disant allez mère Thérésa, viens faire un câlin, t'en as bien besoin on dirait.
Allez, je te raconte pas tout ça pour te culpabiliser mais si tu réfléchis un peu, tu te rends compte que les mecs, ils vont se révolter contre la réforme des retraites, se révolter parce que la bouteille de vin que leur apporte la serveuse est pas fraîche, se révolter si tu les bouscules dans la rue, vous pourriez dire pardon !!
Mais un mec devant leur supermarché en train de crever comme un chien: rien. Un regard tout au plus. Leur maximum. Ah oui, parce que je t'ai pas dit : il est mort, le gars. Hyperthermie.
Alors s'il te plaît, fais un effort, regarde autour de toi, écoute le chant des oiseaux, éteint ta télé, va faire un tour, achète-toi des fleurs. Regarde la vie et puis vas-y: participe. Sinon, qu'est-ce que tu fais là, alors ?

 


Commentaires sur cette fiche :

Posté le 04-03-2007, par Rachel (Note : 10/10)

J'aurais fait comme toi mais ce n'est pas un hasard mon homme aussi m'appelle "Soeur Théresa"...Moi on m'a même dit qu'en fait en aidant les autres ca me nourissait, je sais pas si c'était une flatterie ou un reproche...De toute facon, on est comme ca et on ne changera pas et je crois que franchement il y a pire comme comportement ...Amitiés...

Page 1
Laissez un commentaire sur cette fiche :
Nom ou pseudo :
Notez cette fiche : /10
Commentaire :
Recopiez le caractère suivant dans le champs :
  (Obligatoire)

Les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions d'utilisation du service. Vous pouvez être identifié(e) par votre adresse internet (38.103.63.61) si quelqu'un porte plainte.
 
 
 

Site gratuit (aide) | Litterature | Petites annonces | A visiter | Forum Litterature | Saint Nicolas | Infos légales